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Comment fonctionne le zonage des infirmiers libéraux ?

infirmière qui s'est installé en prenant en compte le zonage

Vous envisagez de vous installer en libéral ? Vous êtes prêts à parcourir toutes les annonces de cabinet publiées sur OùSoigner pour trouver le cabinet de vos rêves ? Vous avez bien raison ! Mais avant de vous lancer dans votre recherche, sachez que vous ne pouvez pas vous installer où vous le souhaitez. Pour les infirmiers - comme pour d’autres professions paramédicales - il existe un zonage qui encadre les installations sur tout le territoire. Il détermine où vous pouvez vous installer librement, où vous aurez accès à des aides financières, et où ça s’annonce plus compliqué. Voici tout ce qu'il faut savoir avant de vous lancer.

Le zonage infirmier, c'est quoi exactement ?

C'est un système de classification géographique mis en place par les Agences Régionales de Santé (ARS), en lien avec l'Assurance Maladie. Son objectif : rééquilibrer l'offre de soins infirmiers sur le territoire. Certaines villes concentrent aujourd'hui un grand nombre d'IDEL. D'autres, peinent à répondre aux besoins de la population. Pour corriger ces inégalités, le zonage réglemente les nouvelles installations selon l'offre existante. La classification repose sur un indicateur officiel : l'Accessibilité Potentielle Localisée (APL), introduit par l'avenant n°6 à la convention nationale des infirmiers. Il mesure la densité d'IDEL par habitant sur chaque territoire, en tenant compte des besoins de santé locaux (par exemple, l’âge moyen de la population). Ce zonage est défini par les ARS et révisé tous les 3 à 5 ans. Il s'applique à l'ensemble des 34 000 communes françaises. Il a été révisé pour la dernière fois récemment, en 2025.

Les 5 zones différentes établies par le zonage infirmiers

Chaque commune est classée dans l'une de ces cinq catégories. Et derrière chaque zone, il y a des règles bien précises.

Zone très sous-dotée

C'est ici que les besoins sont les plus criants. Les patients ont du mal à trouver un IDEL disponible. En contrepartie, c'est aussi là que vous trouverez les aides financières les plus importantes. Installation libre, conventionnement immédiat. Les aides sont conditionnées à des engagements : exercer au moins 5 ans dans la zone, au sein d'un cabinet de groupe ou d'une structure pluri-professionnelle, et y réaliser au moins 50 % de votre activité (on y revient juste après).

Zone sous-dotée

L'offre est insuffisante, sans atteindre le niveau critique des zones très sous-dotées. Bonne nouvelle : aucune condition particulière ne s'applique. Vous pouvez vous installer librement sous convention, sans restriction ni obligation spécifique.

Zone intermédiaire

L'offre et la demande sont globalement équilibrées. Vous pouvez vous installer librement dans la plupart des cas. Une nuance toutefois : si la zone est en périphérie d'une zone sur-dotée, la Commission Paritaire Régionale peut décider d'encadrer l'activité des nouveaux installés, mais il n'existe pas de règle nationale fixant un seuil des deux tiers d'activité.

Zone très dotée

Le nombre d'IDEL est élevé. En principe, l'installation reste libre, sauf si la zone est en périphérie d'une zone sur-dotée, auquel cas un encadrement de l'activité peut également s'appliquer sur décision de la CPR.

Zone sur-dotée

C'est la zone la plus restrictive. Une installation conventionnée n'y est possible qu'en remplacement d'un infirmier cessant définitivement son activité libérale dans la zone. Pas de départ, pas de conventionnement : c'est le principe du "un pour un". Des dérogations existent néanmoins (regroupement en maison de santé, exercice en structure pluri-professionnelle, etc.). Le conventionnement peut aussi parfois être accordé dans certaines situations personnelles spécifiques comme une mutation du conjoint par exemple.

Ce que le zonage implique pour vous

En zone très sous-dotée : des aides financières concrètes

L’Assurance Maladie présente aujourd’hui trois contrats incitatifs destinés aux zones très sous-dotées :

  • le contrat d’aide à l’installation infirmier (CAII) ;
  • le contrat d’aide à la première installation infirmier (CAPII) ;
  • le contrat d’aide au maintien infirmier (CAMI).

Le CAII est destiné aux infirmiers conventionnés qui s’installent en zone très sous-dotée. Son montant est de 27 500 euros sur 5 ans, non renouvelable. Une majoration de 150 euros par mois est prévue si l’infirmier s’engage à accueillir un étudiant infirmier dans son cabinet pour son stage de fin d’études pendant la durée du stage. Le CAPII vise les infirmiers conventionnés qui s’installent en zone très sous-dotée et sollicitent pour la première fois leur conventionnement auprès de l’Assurance maladie. Son montant est de 37 500 euros sur 5 ans, non renouvelable, avec là aussi une majoration de 150 euros par mois en cas d’accueil d’un étudiant infirmier en stage de fin d’études. Le CAMI concerne les infirmiers déjà installés en zone très sous-dotée. Son montant est de 3 000 euros par an pendant 3 ans, contrat renouvelable, avec la même majoration mensuelle de 150 euros en cas d’accueil d’un étudiant. Condition commune : Pour bénéficier de ces aides, les professionnels doivent exercer une part significative de leur activité dans la zone concernée et s’inscrire dans une logique de coordination des soins. L’exercice en groupe (cabinet, MSP, CPTS…) est fortement encouragé,

En zone sur-dotée : une procédure encadrée

Si vous ciblez une zone sur-dotée, vous devrez déposer un dossier spécifique auprès de la CPAM du lieu envisagé. Le conventionnement n'est accordé qu'en remplacement d'un infirmier qui cesse définitivement son activité, c’est le principe du “1 pour 1”. Des dérogations existent dans certains cas (mutation du conjoint, raison médicale grave), mais elles restent exceptionnelles. Renseignez-vous auprès de votre CPAM pour connaître les conditions précises.

Comment vérifier le zonage de votre future commune ?

Deux ressources officielles à consulter avant toute décision : • La carte interactive de l'Assurance Maladie, mise à jour régulièrement par les ARS. Vous visualisez en quelques clics le zonage de n'importe quelle commune → CartoSanté • Les sites des ARS régionales : ils publient les arrêtés officiels et les listes de communes par catégorie, utiles pour avoir le document de référence. Consultez ces sources le plus tôt possible dans votre projet. Le zonage peut évoluer entre deux révisions, et une commune intermédiaire aujourd'hui peut passer en sur-dotée demain. 👉 À noter : Chez OùSoigner on vous simplifie la vie et sur chacune des offres publiées, vous retrouverez le zonage en vigueur pour la commune en question.

carte zonage infirmiers

Le zonage, point de départ de vos recherches de cabinet

Même si c’est une contrainte à prendre en compte, le zonage peut aussi être perçu comme un outil de lecture intéressant du territoire. Derrière chaque zone, il y a des réalités très concrètes qui vont impacter votre quotidien : le niveau de besoin en soins, le profil des patients et donc le type de prises en charge, la pression sur les professionnels déjà en place, les possibilités de travailler en équipe, ou au contraire un exercice plus isolé… Autrement dit, le zonage ne dit pas seulement si vous pouvez vous installer, il dit aussi dans quelles conditions vous allez exercer. C’est pour ça qu’il ne doit pas être vu uniquement comme une contrainte, mais comme un point de repère pour faire un choix cohérent avec vos aspirations. Une fois votre projet identifié, la prochaine étape concrète, c'est de trouver un local adapté à votre activité. C'est là qu'OùSoigner intervient. Nous centralisons sur la plateforme des annonces de cabinets partout en France.